Compte rendu des rencontres des étudiants en paysage.
Date: 22 mai 2004 à 11:50:24 CEST
Sujet: Articles liés aux domaines du paysage


Ce document de synthèse a été remis aux personnes concernées (ministères, professionnels, directeurs d’écoles, corps enseignants) le jour de la table ronde du 12 mai 2004. Une synthèse sera rédigée très prochainement.
Seules 3 thèmes concernaient les sujets abordés lors de cette journée. En voici les sujets :

Quel contenu pour quels diplômes ?
La réponse des écoles à la demande sociale en Paysage.
Validation des enseignements et échanges entre écoles.


Thème 1 : Quel contenu pour quels diplômes ?
Rapporteur : Marie Baret – EAPBx

Le constat que chaque école a sa spécificité à la fois au niveau de l’enseignement, de la pédagogie, et du diplôme ; est évident. Même si nous nous sentons appartenir au milieu professionnel, le particularisme de chaque établissement, donc de chaque formation est sensible. Néanmoins, personne ne peut clairement traduire la formation délivrée, car le contenu est peu lisible.
Le constat est au aussi fait qu’il parait difficile de définir le contenu du diplôme sans connaître la réalité de celui-ci. Nous sommes orientés par l’image véhiculée par les écoles, ainsi que ce que nous mettons derrière chaque appellation de diplômes.

La confusion règne alors.

Chaque école délivre un diplôme différent, mais il ne semble pas toujours correspondre au contenu de la formation. On peut prendre comme exemple l’ENSNP de Blois qui délivre un diplôme d’ingénieur paysagiste, alors que le contenu de sa formation se rapprocherait plus de l’EAP de Bordeaux qui délivre un diplôme de paysagiste DPLG.
Il est donc nécessaire de clarifier, en lien avec la demande sociale, les compétences et les champs d’actions propres au métier du paysage, afin de mettre en évidence différentes formations adaptées. Parallèlement, l’intitulé du diplôme délivré doit devenir pertinent, par rapport au contenu de la formation.

Dans cet objectif de clarification, il nous est paru nécessaire de proposer un nom « qui parle » et identifie le diplôme à son contenu afin que chaque école se reconnaisse dans cet intitulé.
Au regard de la perception des programmes et de la pédagogie présentée par les élèves de chaque école, il apparaît trois groupes de formation qui pourraient illustrer une hiérarchie dans les formations du paysage, induisant plusieurs orientations professionnelles distinctes mais complémentaires dans leurs actions et leurs compétences :
- Une première : celle de l’Architecte-Paysagiste où la place du "savoir-composer" et du "savoir-construire" l’espace, tiens une place importante, ainsi que la capacité à lire les paysages et à appréhender leur évolution.
- Une deuxième, celle de l’Ingénieur-Paysagiste où une grande partie de la formation porterait sur la capacité à maîtriser le processus de projet dans toute sa démarche complexe et interdisciplinaire, ainsi que celle de comprendre les stratégies d’acteurs.
- Une dernière, en lien directe avec le monde professionnel de la réalisation, celle d’Ingénieurs des Métiers de l’Aménagement du Paysage qui formerait au "savoir-réalisé", dans toute sa technique et son approche économique du monde de l’entreprise.

Les dénominations et leurs caractéristiques citées ici n’ont aucune valeur de proposition définitive en matière de création de titre professionnel ; elles ne servent qu’à exprimer l’orientation des formations. De plus le contenu de chaque diplôme serait orienté par des valeurs communes tout en gardant la spécificité de chaque école.
Il nous semble que même si le métier de "Paysagiste" se décline en différentes formations, nous sommes tous Paysagiste, tous Aménageur de l’espace ; la place et le type d’intervention seuls diffèrent.
L’interdépendance et la complémentarité de chacun sont clairement établies : "il faut de tout pour vivre un paysage !".


Thème 2 : La réponse des écoles à la demande sociale en Paysage.
Rapporteur : Victor Miramand – EAPBx

Avant de traiter concrètement de la réponse donnée dans les différentes écoles, il nous est apparu primordial d’essayer de définir plus finement ce que l’on entend par "demande sociale en Paysage".
Cette demande, après réflexion, s’est avéré être à elle seule un domaine vaste dans lequel le Paysagiste joue, outre son rôle de concepteur, celui de conseiller et souvent de médiateur. La nature de cette demande reste floue recoupant les domaines du développement urbain, du développement rural, de l’assistance à la maîtrise d’ouvrage, de sa place au sein du courant actuel d’aménagement durable du territoire…
Face au manque de limites concernant la définition même de cette demande, nous nous sommes questionnés par rapport à la pertinence que pouvait donner nos écoles respectives face à cette demande difficile à cerner et, par conséquent, peu claire.

En effet, quelles réponses pertinentes peut-on donner à une demande qui n’est pas clairement définie ?
Aussi la réflexion s’est-elle portée non seulement à la position des écoles mais également à la crédibilité du Paysagiste professionnel face à cette demande. En effet, est ce que le manque de clarté au niveau de la formulation de cette demande sociale ne vient pas de la difficulté qu’à la population à définir la profession de Paysagiste ? La nécessité d’une définition claire et commune du métier nous est paru un passage obligatoire afin d’obtenir en retour une demande clair.

En premier lieu, il nous a semblé qu’il appartenait aux écoles de jouer ce rôle de "clarificateur".

Dans cet objectif, la création d’une fédération des écoles de Paysage nous semble incontournable afin d’améliorer la lisibilité de la formation au près du grand public.
Dans ce sens une réflexion autour des bases communes d’enseignements entre les écoles permettrait cette fédération. Afin de répondre à cette demande sociale le plus pertinemment possible, il nous parait nécessaire que des professionnels puissent avoir un droit de regard sur la pédagogie : par leur intermédiaire, les formations se trouveraient plus en phase avec les réalités de la profession. A ceci, viendraient avantageusement se joindre les stages, qui, pour nous, restent le meilleur moyen de se confronter réellement à cette demande.

A plus long terme, nous pensons qu’il est nécessaire pour chaque école d’affirmer nos compétences au travers tutelles identiques afin de pouvoir réellement clarifier le statut du Paysagiste français. En conséquence, nous pensons que le Paysagiste acquerrait alors une véritable reconnaissance à tous les niveaux.

Dès lors, si les compétences du Paysagiste sont clairement connues et reconnues, cette demande sociale deviendra nécessairement plus claire et par conséquent mieux prise en compte par les formations. Selon nous, c’est dans ce processus itératif que les écoles en se fédérant ont une réponse à donner.


Thème 3 : Validation des enseignements et échanges entre écoles.
Rapporteur : Céline fleury – ENSNP Blois

Notre reflexion est ârtie de plusieurs constats. Il existe différentes formations en Paysage selon :
Les ministères
Les titres et diplôme délivrés
Les conditions d’admission
Les modes d’évaluations
La durée, le contenu et l’organisation des formations.

Ces différences vont rendre par conséquent difficile la création d’échanges avec la création d’échanges avec des écoles ou universités étrangères. Dans les pays francophones (notamment Belgique et Suisse), ces échanges sont inexistants. Au sein des écoles françaises, ils sont impossibles.
Toutes ces différences font que la mise en place de tels échanges est compliquée malgré la motivation des étudiants.

De ce constat, découlent les propositions et nécessités suivantes :
Il faut de la transparence :
Il est en effet indispensable que les écoles énoncent clairement leur programme respectif.

Il faut élaborer un système de bases communes au niveau des enseignements :
Ce système pourrait constituer un premier cycle de 3 ans validé par un barème général (système d’évaluation équivalent entre les écoles). Ces bases communes seraient composées de matières générales, indispensables et obligatoires. Elles caractériseraient les fondements du métier de Paysagiste. A ces enseignements généraux s’ajouteraient des matières optionnelles propres à l’identité de chaque école.
Ce système donnerait ainsi les outils permettant à chaque étudiant d’intégrer l’école de Paysage de son choix, au second cycle.
La transparence et la communication autour des spécificités des écoles entraîneront plus de reconnaissance pour que l’on ne choisisse plus nos écoles par dépit.

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