La naissance du problème.
La mèche s'est allumé quelque temps avant les élections communales de mars 2008. Les équipes municipales, sachant qu'il est difficile de sortir une affaire en quelques mois, bloquent leurs projets et préfèrent attendre que la nouvelle équipe soit mise en place. On peut estimer que les lancements de nouvelles missions se sont stoppés au mois de novembre 2007.

Une fois les élections passées, il faut quelques mois pour que les nouvelles équipes se mettent en place. Les priorités sont avant tout traitées … et les appels d'offres ne sont lancés qu'une fois les impératifs résolus. C'est en juillet que les premiers projets resurgissent.

A la fin de l'été, c'est la crise mondiale touchent tout le monde. Même si les marchés publics n'ont pas trop subit cette crise (il sort encore régulièrement des avis de pub), on sent bien que les budgets ont été resserrés, et que les conditions de lancement des appels d'offres ont bien changé. Et ce sont ces changements qui feront le plus de dégâts.

Nous sommes aujourd'hui en novembre 2008. Cela fait 1 an que le marché tourne au ralenti. Les bureaux d'études terminent leurs affaires et les fonds de tiroirs …. Mais il devient de plus en plus difficile de payer les salaires et les avances de trésorerie s'évaporent rapidement, surtout pour les grandes agences qui compte plusieurs dizaines de salariés.


Une concurrence peu loyal ?
Comme nous l'avons vu précédemment, cela fait depuis 12 mois que les conditions sont difficiles pour les bureaux d'études. Ce sont les grosses agences de paysages (plusieurs dizaines de salariés) pour lesquelles cette situation est la plus difficile à gérer. On constate un peu partout des licenciements ou des CDD non affermi.

Aujourd'hui, les taux d'honoraires commencent à baisser pour obtenir un peu plus de points à leur candidature et augmenter les chances d'être retenu. On constate, hélas, de plus en plus que les appels d'offres privilégient la note attribuée au prix au détriment des références et capacités techniques de l'entreprise. Mais si les taux d'honoraire baissent, c'est forcément la qualité du travail qui en pâti.


Des appels d'offres mal goupillés.
Les maîtres d'ouvrages, notamment les aménageurs, demandent de plus en plus de spécificités dans leurs appels d'offres. Nombres de salariés cadres (très rare en agence de paysage), des effectifs et un chiffre d'affaires de plus en plus élevé (représentant une minorité dans la profession)… on constate de plus en plus d'incohérences entre la complexité du projet et les exigences des maîtres d'ouvrages.
Les appels d'offres prévoient depuis longtemps la possibilité de restreindre la consultation à une profession en particulier. Or cette exigence est rarement mentionnée, et il n'est pas rare de voir un projet d'aménagement de parc public réalisé par un B.E.T ou une géomètre (avec parfois  un paysagiste dans leur structure). Lorsqu'une agence de paysage répond et qu'elle n'est pas retenue, la majorité des motifs de refus est le prix (avec des honoraires parfois divisés par 2 entre le candidat retenu et celui en deuxième position).


Comment se sortir de cette situation ?
Hélas, la clé de la principale porte de sortie ne semble pas être dans les mains des paysagistes, mais plutôt celles des maîtres d'ouvrages.
Nous pouvons bien évidemment les sensibiliser à ces questions et  travailler "encore et encore" sur la reconnaissance de la profession de paysagiste.
Quoi qu'il en soit, pour sortir rapidement de cette situation, les appels d'offre doivent mettre beaucoup plus en avant les compétences que seuls les paysagistes ont, et arrêter de privilégié autant le prix de la prestation… car un paysagiste ne pourra jamais répondre à 4%, alors qu'un B.E.T seul le pourra. Le paysagiste ne réfléchit pas uniquement au projet technique mais aussi à sa composition, à son insertion dans le site, à sa dimension sociale et à la manière dont son projet pourra être approprié par le public.