puce L’asphalte, c’est quoi ?
C’est un mélange composé de bitume, de granulat, de sable et de filler. Le bitume est une substance hydrocarbonée, visqueuse lorsqu’elle est chauffée et solide à température ambiante. Le granulat est très souvent composé d’une pierre calcaire concassée de petit diamètre (4/6). Le sable vient de nos rivières et le filler est un calcaire broyé.
La répartition des éléments est, en règle générale, la suivante : sable 40%, gravillons 25%, filler 25%, bitume 10%.

Le développement durable, une notion mise de coté.
Le pétrole est une denrée rare, et devenue coûteuse … très coûteuse. Avec le temps, les ressources s’amenuisent, ce phénomène s’accélèrera indéniablement. Il faudra prélever la matière de plus en plus profondément et son traitement sera de plus en plus complexe (le pétrole en profondeur n’a pas les mêmes qualités qu’en surface).
En ce qui concerne sa mise en œuvre, nous avons vu que le matériau était liquide à chaud et par conséquent, le monter en température est le seul moyen de pouvoir l’appliquer. Pour cela, il est indispensable d’être équipé d’un asphalteur pour le conserver à une température de 200°C. Cette production de chaleur a elle aussi un coût, qui s’ajoute à celui de la matière première et celle de la couche de fondation (une asphalte se met en œuvre sur une épaisseur de 2 à 4 cm, sur une fondation béton posée sur un tout venant).



Remarque : Il ne faut pas confondre l’asphalte avec les enrobés qui ont un granulat beaucoup plus gros (circulation automobile) et sa mise en œuvre se fait à 150°C (certains préparation d’enrobé se fond à froid, mais leur résistance est moins importante. On l’utilise pour de petit raccord, comme en fermeture de tranchée).



Une qualité de rendu, de texture et de couleur inégalée.
L’asphalte est un matériau visqueux. Il épouse facilement les formes anguleuses et complexes, et donne une finition de très bonne qualité au niveau des jonctions avec les autres matériaux (pieds de façades, de maçonneries, de bordures …). Il a aussi l’avantage de ne pas avoir de joints de dilatations (mais la fondation béton en dessous, si !).
Sa texture lisse et sa couleur très prononcée, qu’elle soit noire ou rouge, en fond un matériau très « pur », au rendu unique (un trait noir au milieu d’un revêtement blanc, ou qui traverse une pelouse). On pourrait obtenir des effets similaires, mais avec des coûts 2 à 4 fois plus élevés. Par exemple, un béton coloré, poli et ensuite vitrifié pourrait s’en rapprocher. Mais la densité de noir que possède l’asphalte en fait un revêtement à part (c’est pour cela qu’elle est utilisée).



Une mise en œuvre délicate.
L’avantage, d’être liquide, peut amener de multiples problèmes.
- Il tient mal les pentes : Le filler et le sable ont tendance a couler en pied de pente, et les granulats a rester en place. L’asphalte a, en point haut, un aspect beaucoup plus granuleux, ce qui n’est pas l’effet souhaité, lorsque l’on pose ce type de produit. Et l’accumulation d’éléments fins en bas de pente, le rende très glissant par temps de pluie (les Croix Roussien habitant Lyon en fond régulièrement l’expérience, au dessus de Croix-Paquet, ligne C par exemple).



- Un camion particulier est nécessaire pour le maintenir en température. A ce sujet, le matériau est dangereux à mettre en œuvre (risque de brûlures) et sa mise en œuvre en période estivale rend le travail encore plus pénible (accumulation de chaleur). Le camion a aussi un gabarit important. Selon le contexte, il ne peut accéder à toute les zones de chantier et l’application de l’asphalte se fait au seau.
Voir les engins de chantier en photo (NDLR : bientôt).

Un matériau qui vieillit mal.
- La couleur passe vite. Elle a tendance à grisée sous l’effet du soleil et de la pluie.
- Les raccords ne sont pas esthétiques. Il est très difficile d’obtenir la même laitance, le même granulat, les mêmes pourcentages et la même couleur que le matériau déjà en place. L’effet « rustines » s’installe alors sur nos trottoirs.



- L’épaisseur faible sur laquelle elle est mise en œuvre en fait forcement un matériau fragile (de 2 à 4cm). Ce qui le réserve à un usage uniquement piéton ou vélo.
- Par forte chaleur, dans les villes du sud, le matériau fond fréquemment. S’il y ne se liquéfie pas toujours, il se ramollie dans tous les cas (les marchés parisiens sont criblés d’empreinte d’étalages). Lorsque celui-ci re-durcit, souvent il bulle ou se lézarde. La tendance actuelle du réchauffement climatique va accélérer ce phénomène.




Aujourd’hui et plus tard…
Des progrès ont été réalisés et la recherche améliore toujours les produits. L’environnement est lui aussi pris en compte, mais certainement pas à son juste niveau. Les températures de mise en œuvre commence à être réduite (150°C ), mais demande le mélange de plusieurs adjuvants chimique, déplaçant alors le problème.

… mais aujourd’hui, dans la gamme de matériaux proposée, aucun ne le remplace.